Le polémiste Dieudonné a été condamné mercredi à deux mois de prison avec sursis pour apologie d’actes de terrorisme par le tribunal correctionnel de Paris pour son message « Je me sens Charlie Coulibaly ».

 

Dieudonné a été condamné aujourd’hui à deux mois de prison avec sursis pour apologie d’actes de terrorisme en raison d’un message posté sur Facebook après les attentats djihadistes qui ont fait 17 morts début janvier en France. Le parquet avait demandé 200 jours-amende à 150 euros à l’encontre du polémiste, soit 30.000 euros d’amende.

Il encourait jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende, les faits présumés ayant été commis en ligne.

Le 11 janvier dernier, au soir d’une grande marche citoyenne en hommage aux victimes, le polémiste avait écrit qu’il se sentait « Charlie Coulibaly », détournant le slogan « Je suis Charlie » en référence à l’un des trois auteurs des attaques, Amedy Coulibaly, qui a tué en janvier une policière et quatre juifs dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

Des propos qui avaient ensuite été retirés de sa page Facebook.

Le tribunal pas convaincu

Assurant condamner « sans aucune retenue et sans aucune ambiguïté » les attentats, Dieudonné avait affirmé à l’audience qu’il avait souhaité participer à la marche à Paris, mais que sans retour du ministère de l’Intérieur qu’il avait sollicité, il s’en était senti « exclu » et traité comme un « terroriste ». Son message était une « parole de paix », avait-il assuré. Ses explications n’ont pas convaincu le tribunal, qui a souligné l’ironie employée par Dieudonné lorsqu’il évoque l’importance de cette marche. Les juges ont notamment tenu compte du contexte du message, juste après la manifestation, alors que l’opinion publique était « fortement bouleversée par les attentats », que les victimes n’avaient pas encore été inhumées, a expliqué la présidente.

Surtout, les juges ont souligné dans l’association de « Charlie » et « Coulibaly » l' »amalgame provocateur » fait par Dieudonné « entre le symbole de la liberté d’expression qui a coûté la vie à des journalistes et un auteur d’acte terroriste auquel il s’identifie », selon le jugement consulté par l’AFP. L’impact de ces propos « ne pouvait être ignoré » par son auteur, a considéré le tribunal, et « le sentiment d’hostilité à l’égard de la communauté juive que Dieudonné M’Bala M’Bala entretient auprès d’un public attiré par sa personnalité accroît sa responsabilité à raison de ses propos provocateu

Source : lesechos.fr