Alors que tous les yeux sont braqués vers la faille de San Andreas, en Californie, un chercheur américain affirme que le séisme du siècle aura lieu bien plus au nord du continent américain.

Les Californiens le savent. Un jour, la faille de San Andreas qui longe la côte ouest américaine, de San Franscisco au Mexique, va se réveiller et provoquer des dégâts monstrueux. On l'appelle le Big One et même Hollywood s'en est récemment emparé. Chris Goldfinger n'est pas de cet avis. Ce professeur américain de géologie et de géophysique à l'université d'Oregon estime que la communauté scientifique se trompe en visant la faille de San Andreas. Selon lui, le véritable Big One aura lieu plus au nord, face à Vancouver et Seattle.

Et Chris Goldfinger n'a pas peur d'être le seul à le penser.

En mars 2011, il donne une conférence de sismologie au Japon. Soudainement, le sol tremble faiblement, comme le raconte le New-Yorker. D'abord amusés, car les séismes sont presque quotidiens dans ce pays, Goldfinger et ses spectateurs observent consciencieusement leur montres. Plus le tremblement de terre est long et plus sa magnitude est élevée. La plupart du temps, cela ne dure que quelques secondes, de petits séismes de magnitude 4 ou 5 qui font vibrer la vaisselle, une habitude pour les Japonais. Mais ce séisme dure. Une minute : séisme de niveau 7. deux minutes : séisme de niveau 8. Trois minutes : séisme de niveau 9. Ce 11 mars 2011, un tremblement de terre d'une magnitude 9 sur l’échelle de Richter va ravager la côte japonaise et provoquer l'accident nucléaire de Fukushima. Pourtant, les scientifiques japonais rejetaient l'idée qu'un tel séisme puisse se produire. "La principale erreur est d’avoir admis que le dernier siècle de sismicité est représentatif du régime permanent de la fosse de subduction" écrit ainsi Xavier Le Pichon, spécialiste de la question, dans un rapport sur la catastrophe de l'Académie des Sciences.

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La chaîne montagneuse des Cascades

Un seul chercheur japonais avait prédit, en 2005, une telle catastrophe, sans être pris au sérieux. Chris Goldfinger sera peut-être son équivalant pour le continent nord-américain. Selon ses calculs, la probabilité qu'un séisme touche le nord de la côte ouest américaine dans les 50 prochaines années est de une sur dix, selon une étude de 2013. La faute à une autre faille sismique, plongée dan l'océan pacifique, au doux nom de "Cascadia" qui n'est connue des scientifiques que depuis les années 1990. Un véritable mystère qui n'attend que de libérer son énergie, comparable à celle qui a dévasté le Japon en 2011. D'ailleurs un tel scénario s'est déjà déroulé, en 1700, provoquant un tremblement de terre d'une magnitude estimée aujourd'hui à 9 sur l'échelle de Richter, entrainant un tsunami qui toucha même les côtes du Japon. Les études montrent qu'un séisme en Californie ne dépasserait pas 8,2 (ce qui est déjà très important).

En fait, la zone de subduction des Cascades est une bombe à retardement. La plaque tectonique nord-américaine est coincée contre plusieurs petites autres plaques dont celle de "Juan de Fuca." Un jour la rupture va libérer une énergie considérable, augmentée par les petits séismes réguliers qui, au lieu de décharger de l’énergie, ne fait qu'en accumuler davantage.


La fameuse zone sismique

Heureusement, Chris Godlfinger n'est désormais plus seul à croire un tel scénario. Son équipe et désormais les municipalités des grandes villes se tiennent prêtes à encaisser ce qui surprendra le monde entier, obnubilés par la faille de San Andreas. La ville de Seattle a lancé depuis quelques années un plan de secours face aux risques car elle serait la première touchée par les secousses et les vagues immenses, comme l'explique CBS. Seul avantage d'un Big One dans le grand nord, c'est la population plus faible de long des côtes.

"Si le séisme avait lieu demain, on compterait au moins 10 000 morts et 30 000 blessés et des dégâts à hauteur de 70 milliards de dollars" explique un rapport. La plupart des bâtiments n'ont pas été construits pour supporter des secousses aussi importantes.

"Ce qui est extraordinaire, c'est que toute la faille de Cascadia est très calme, particulièrement calme quand on la compare à d'autres zones de subduction à l'échelle mondiale," expliquait Doug Toomey, de l'Université de l'Oregon au Seattle Pi. Et ce n'est pas une bonne nouvelle car cela signifie une accumulation de pression prête à être relâchée. Si personne n'est capable de déterminer quand le Big One va survenir, les géologues tirent le signal d'alarme : préparez-vous, car il arrive.


En 2001, un tremblement de terre de 6,8 touche Seattle

Source : atlantico