Ah, on avance enfin, avec ce damné vol. De façon tangible même, car, indubitablement, le bidule retrouvé sur une plage est bien un élément d'avion. Et de 777 très certainement. Le seul hic, c'est que l'endoit où on l'a retrouvé n'est pas celui espéré. Ce qui nous fait retourner en arrière, au 8 mars dernier, où des habitants d'une minuscule île appelée Kudahuvadhoo avaient affirmé avoir vu voler très, très bas, vers 6H30 heure locale, un grand avion blanc "faisant beaucoup de bruit", chose totalement inhabituelle dans les parages.

 

Pour aussitôt s'entendre dire que ce n'était "pas vrai" par le ministre malaisien des transports, Hishammuddin Hussein, expliquant qu'il avait eu au téléphone des responsables locaux qui l'avaient "démenti". Pire encore lorsqu'on apprend en ce 23 avril que la découverte du débris hautement reconnaissable remonte effectivement au... 25 mars dernier, soit 17 jours après le passage de l'appareil, indiquant un crash... relativement proche (et en tous cas pas proche de l'Australie). Il y a donc un mois que l'on pouvait se tourner plutôt du côté des Maldives... à savoir vers le Sud Ouest de l'Inde et non vers l'Australie, où l'on a toujours rien trouvé, à part des bruits non déterminés. Quelqu'un, c'est sûr, ment dans cette histoire abracadabrantesque où l'on a déjà tout entendu, entre les baleines qui chantent à 37,5 mhz (alors qu'elles ne dépassent jamais 20 hz, sauf.... une seule, qui atteint 52 hz) ou les fameux techniciens de Freescale, détenteurs de secrets de défense inconnus ou plutôt imaginaires, sans parler des passeports volés. Et ce quelqu'un semble de plus être le ministre malaisien des transports, et ces étranges prestations de plus en plus contradictoires. Ce soir, au vu des photos du seul débris retrouvé à ce jour, on est en train de se poser une question très prosaïque : avec ce qu'on a découvert aux Maldives, c'est sûr, on cherche aujourd'hui encore... du mauvais côté de l'océan (alors qu'on annonçait hier encore avoir trouvé un "long morceau" (2,5 m de long) sur la côte australienne) !

Découvrons tout d'abord les photos de ce qui s'est échoué le 25 mars dernier sur la plage de Baarah, dans les Maldives, sur l'atoll de Haa Alif, précisément. Pour beaucoup, il s'agît d'une bouteille d'extinction d'incendie (un extincteur, autrement dit) équipant les soutes de long-courriers et les avions cargos. Si un rapide coup d'œil sur le forum des spécialistes de PPrune nous laisse entendre que ce n'est pas le modèle que transporte le Boeing B-777... une page du fournisseur Kidde Graviner le dément aisément. Si les attaches de la bouteille sphérique sous pression divergent en effet d'un modèle à l'autre, ainsi que son embout, qui peut être parfois double, celui de Kidde Aerospace (KA)  correspond point par point à un modèle de B-777, avec ces supports de petite taille répartis sur sa circonférence. L'engin fonctionnant au gaz Halon 1311 (destructeur d'ozone, il est en cours de remplacement progressivement), serait en titane, selon Kidde Aerospace qui en vante la primeur sur le B-777, justement : " la bouteille d'extinction de titane a été initialement introduite avec le B777, une nouvelle technologie a été utilisée dans la fabrication de l'appareil. La bouteille offre une économie substantielle de poids par rapport aux bouteilles en acier standard utilisés sur les avions précédents". Un catalogue de pièces détachées de maintenance de Boeing, qui a produit beaucoup de littérature sur la question à la suite d'incendies à bord (ici un exemple en cabine de cockpit !), numéroté 26-23-01 -01 pour "Lower Cargo Compartment Fire Extinguisher Bottles" montre une bouteille sphérique étrangement sphérique, aux attaches fort similaires. On peut facilement imaginer que ce qui semble être une poignée double de mise en place en métal léger ait été séparée du reste de l'appareillage lors du choc. Reste plus qu'à savoir où se situe exactement ce ou ces sphères, car le B-777 est censé en avoir plusieurs à bord. Un schéma fourni par Kidde Aersospace nous éclaire : 

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La soute cargo sous le plancher des passagers en contient donc, à deux endroits (avant et arrière), mais aussi les réacteurs principaux et l'APU, ce troisième réacteur caché qui fournit l'énergie électrique à bord, et qui est indispensable au bon fonctionnement de l'appareil. Si les bouteilles d'extincteurs de la soute peuvent être effectivement les premières visées par un incendie dévastateur et explosif, on songe aussi à celles arrachées par un contact violent de l'appareil en cas d'amerrissage à plat avec les deux protubérances des réacteurs ou en cas d'atterrissage plus câbré celui aux côtés de l'APU. En tout cas, une seule bouteille de titane détachée clairement de ses supports, sectionnés, montre un procédé explosif, l'ayant éjecté du reste de la carlingue. Comparé à l'appareil, c'est effectivement un petit fragment, certes... mais c'est aussi un des plus résistants ! Ce qui a le don d'inquièter l'animateur du site Maldives Finest :"nous n'avons pas obtenu d'informations supplémentaires au sujet de la possible bouteille d'extinction d'incendie trouvée échouée sur la plage des Maldives. Il y a maintenant de plus en plus de demandes sur pourquoi les autorités ne donnent pas de renseignements mis à jour sur cet objet. Tentent-ils simplement ignorer le fait qu'un objet pouvant appartenir à MH370 a été trouvé ? Ou les autorités veulent-elles que le monde entier se concentre sur les profondeurs des grands océans juste pour dire, que l'avion ne sera peut-être jamais retrouvé ? Nous ne pouvons pas croire Boeing et les autorités malaisiennes ne sont pas au courant de cet objet. Pourquoi n'ont-ils rien dit jusqu'à présent ?" . Intriguant silence, en effet ! Ce que je découvre aussi bien tardivement, à vrai dire : je pensais vous trouver une photo de bout de tôle retrouvé en Australie, en cherchant sur le net, voilà que je découvre avec effarement ce morceau qui semble comme le dit l'intervenant important pour l'enquête... mais que l'on a manifestement écarté des vues de la presse "mainstream". Dans que but, voilà qui pose en effet question : "Pourquoi les grands réseaux d'information ne le signalent pas ? Peut-être qu'ils ne souhaitent pas atteindre la conclusion. Afin qu'ils puissent offrir des rapports qurotidiens sur le "peut-être" ou seulement sur les "avions de recherche décollent" le plus longtemps qu'ils le peuvent". Franchement, je partage cette opinion, car à ce jour ce fameux extincteur je n'en connaissais même pas l'existence, un mois après sa découverten, pourtant : c'est le fruit du hasard qui me l'a fait connaître ! L'extincteur a été remis au Northern Command de la Maldives National Defence Force... et depuis, aucun communiqué !!! Le responsable, le Major Hussain Ali, se contentant de dire qu'il était au courant de la découverte, sans plus. Pourquoi une telle chape de plomb sur le sujet ? Un mystère de plus au volet déjà bien large de la chute du Boeing !!!

Car l'histoire nous ramène à ce qui n'a pas été qu'une rumeur. Un autre site de journal des Maldives, Minivan News ; cite cinq témoins qui ont dit qu'ils ont vu l'appareil . " Il était environ 6h30 du matin , j'ai entendu un grand bruit et je suis sorti pour voir ce que c'était, " dit Adam Saeed, un enseignant à l'école Kudahuvadhoo, qui l'a déclaré au site de Minivan News." J'ai vu un avion voler très bas et il y avait une ligne droite rouge au milieu de celui-ci. Le vol se déplaçait du nord-ouest au sud-est ", a-t-il dit -. Un autre insulaire, qui s'est identifié comme Hamzath, dit à Minivan News qu'il avait également vu un avion volant à basse altitude la position du nord-ouest au sud-est . "Les gens ont commencé à parler quand ils ont réalisé que le vol que nous avons vu a les mêmes caractéristiques que de l'avion disparu", a déclaré Hamzath. ''Nous ne sommes toujours pas en train de dire que c'est le même avion, nous voulions juste à le signaler au cas où". Un autre a suggéré que les rapports avaient été exagérés . "Un avion volait près de l'île", a déclaré le témoin qui n'a pas été nommé. " Il n'était pas très grand, aussi grand que les gens disent . "Ces jours-ci, les gens vont à la pêche tous les matins. Environ 30 personnes sontt toujours là le matin - mais personne n'en a parlé alors. Si c'était aussi notable, fort et grand, les gens en auraient parlé." Les débris en mer font à cet endroit environ 4 km par jour : en 17 jours, cela signifierait que l'appareil se serait crashé dans un rayon d'à peine 68 km de l'île, les pêcheurs n'allant pas aussi loin : leurs observations peuvent aussi coïncider avec l'avion à la "bande rouge" observé.
 

Les habitants de Kudahuvadhoo ne semblent en fait pas avoir été écoutés du tout. L'animateur du site touristique des Maldives Finest précisant "qu'il y a trois aéroports internationaux dans les Maldives, le principal est l'aéroport international de Malé (aussi appelé l'aéroport international Ibrahim Nasir). Les autres sont Gan, sur l'atoll d'Addu, et l'île Hanimaadhoo sur l'atoll d'Haa Alif. Ces deux aéroports sont sur ​​deux pointes du pays (...). Pour les transferts de villégiature les Maldiviens utilisent les hydravions. En fait les Maldives est le foyer de la plus grande utilisattion de l'hydravion au monde". La piste de l'aéroport de Malé fait 3200 m, largement de quoi accueillir les B-777 : s'y diriger n'est pas viser une "petite piste" comme on a pu accuser le pilote de vouloir le faire. Pas écoutés, ou plutôt leurs témoignages n'ont pas été pris en compte par la Malaisie, qui visiblement les a pris de haut en les déclarant "faux". Car de voir passer un avion tous réacteurs allumés et bruyants aussi bas pouvait bien signifier une chute prochaine d'un avion... en perdition, après un incendie à bord ayant asphyxié... tout le monde, sinon principalement les deux pilotes. On songe automatiquement à un incident qui s'était mieux terminé pour ses deux pilotes et leurs passagers en 2010 en Angleterre, où Le 9 octobre 2010, "Un  Boeing 777-200 des Saudi Arabian Airlines, enregistré HZ-AKA qui effectuait le vol SV-104 de Londres Heathrow, FR (Royaume-Uni) à Riyad (Arabie Saoudite), franchissait FL240 (24 000 pieds, soit 7315 m d'altitude au départ de Londres Heathrow sur 60 miles nautiques (111 km) à l'est de l'aéroport lorsque l'équipage reçu une indication d'incendie de soute avant, a activé le système d'extinction d'incendie, a déclarée l'urgence et est retourné à Londres Heathrow pour un atterrissage en toute sécurité sur la piste 27R environ 18 minutes plus tard. La maintenance trouvé des fils ayant frottés et s'étant échauffé dans la soute avant qui avaient causé un court-circuit et un incendie dans la soute".

 

Un incendie de soute, le cauchemar des pilotes, dont l'exemple du DC-8 cargo d'UPS du vol 1307 2 février 2006, reste un sacré exemple, que je vous ai décrit ici (voir les photos des impressionnants dégâts). Causé par des batteries de PCs ayant pris feu dans la soute de l'avion cargo, c'est à dire tout son fuselage en ce qui le concerne. Or le vol maudit contenait bien au moins une palette de PCs contenant des batteries similaires, contrairement à ce qu'avait dit la compagnie en un premier temps. PNC contact a demandé à un commandant de bord d'en préciser les dangers : " L’avion transporte un fret de piles au lithium-ion, probablement placé dans la soute avant, qui se trouve juste derrière la soute électronique. Cette soute contient la plus grande partie des boites de traitement électronique des systèmes de l’avion. Dans la soute de fret située juste derrière, ces piles viennent de déclencher un incendie, puissant et dégageant des flammes et des fumées très toxiques qui se répandent et qui carbonisent la plupart des innombrables liasses de câbles électriques qui partent de cette soute électronique.   Réglementairement, ce chargement de piles est interdit dans les soutes d’un avion transportant des passagers et le Directeur de Malaysia Airlines a dissimulé cette information pendant quatre jours, affirmant qu’il n’y avait que des fruits en soute ! Rappelons que ce type de batteries est très inflammable et ont contraint Boeing à arrêter de vol les B 787 pendant plus de six mois. En janvier 2013, un avion de Japan Airlines a été obligé de se poser d’urgence avec un incendie de piles. Un de mes amis, Commandant de Bord de Boeing 747 à Air France s’était vu il y a quelques mois, embarquer un tel stock sur la soute avant de son avion-cargo et avait dû insister lourdement pour faire transférer ce fret en soute arrière, dans un endroit moins vulnérable. Suite à cet incident, Air France a modifié ses règles d’emport de ce matériel". Cette thèse, est celle aussi de Chris Goodfellow qui a émis à ce jour une explication plus que plausible sur l'accident. Lui-même a été très étonné de constater que les officiels malaisiens n'avaient pas évoqué cette possiblité. De là à dire qu'ils ont tenté de la dissimuler en parlant un peu vite de "palettes de mangoustans" seulement à bord...

 

Des fruits devenus un temps sujet de discussion ministérielle, avec un soupçon de provenance de région "sensible", selon l'Inspecteur général de la Police, Tan Sri Khalid Abu Bakar : "Khalid a également répondu par la négative par l'Autorité fédérale de commercialisation agricole Johor (Fama) qu'une cargaison de mangoustans (4 tonnes) amenées sur le vol manquant était venu de Muar. "Les mangoustans n'ont peut-être pas nécessairement été cultivées à Johor, le fournisseur est de Muar Je n'ai pas dit qu'ils ont été récoltés à Muar.. "J'ai dit que nous allons étudier jusqu'au stade où les fruits ont été récoltés. Je n'ai pas dit le verger était à Johor. Les mangoustans sont réunies à Muar avant d'être portées au KLIA (l'aéroport international de Kuala Lumpur)," a-t-il dit. Johor Fama avait expliqué que les mangoustans amenées sur le vol ne pouvaien pas provenir de Muar parce que le fruit ne pouvait pas être produit aujourd'hui par des vergers de Johor, où la saison ne commencera qu'en juin". Des fruits bien pratiques pour éviter de parler du contenu de la palette (ou des palettes) interdites à bord, celle des PCs aux batteries inflammables.

 

  L'avion, aux commandes figées aurait très bien continuer sur sa route, donc... jusqu'aux Maldives, avec tout le monde asphyxié à bord. Il aurait aussi fallu que pour que cette théorie tienne, celle de la dérive doppler des signaux émis par l'avion ait été mal interprétée, car c'est elle qui a dicté la direction des recherches jusqu'ici. Cela reste aussi possible. Ou pour l'infirmer, qu'un étage de fusée lancé récemment et contenant ce genre d'extincteur (et le même modèle !) soit retombé dans l'Océan Indien, entre temps, ce qui ne semble pas avoir été le cas. Ou que la bouteille, non expertisée à ce jour puisse provenir d'un crash plus ancien ou d'un autre type d'appareil (pas un avion, mais je ne vois pas lequel à cette heure) Car si l'hypothèse paraît aussi farfelue que ça, pourquoi diantre n'a-t-on rien su de cet objet très significatif, arrivé sur un rivage des Maldives ??? Quitte à en déclarer qu'il n'y a pas de rapport entre lui et un Boeing 777 ??? C'est le silence autour de cette découverte qui m'intrigue ? Car c'est tout cela qui étonne en fait : le seul débris plausible retrouvé l'a été à un endroit où visiblement, on n'a rien fait pour le vérifier, ni aller sonder les alentours : pourquoi donc ? Est ce que des extincteurs d'avion peuvent tomber ainsi du ciel sans qu'on ne consacre au moins une ou deux lignes dans la presse ? L'une des premières directions évoquées par la presse pointait vers l'Océan Indien et les Maldives, pas vers l'Australie. Boeing a-t-il mis en place un calendrier efficace de changement de ses fameux extincteurs en raison du Halon utilisé à bord ? L'appareil des Malaysian Airlines a-t-il gardé ces extincteurs originaux ou lui a-t-on changé et au quel cas d'ou vient celui-ci ?Les plages d'Australie vont-elles faire une meilleure cueillette bientôt ??? Les questions que pose cette dévouverte de fin mars sont véritablement inquiétantes... sur le niveau de communication souhaité par le ministre des transports malaisiens, qui a davantage écarté les réponses que d'y avoir répondu, à cette date. L'octroi à bord d'un chargement interdit étant de sa responsabilité, au final ! Franchement cette histoire d'extincteur, ça me paraît bien étrange (et surtout le silence qui a accompagné la découverte) !!! Chercherait-on au mauvais endroit depuis des semaines ? Pourquoi n'a-t-on rien su sur cette découverte importante (*) ??? Pourquoi aujourd'hui parle-t-on de découvertes sur une plage d'Australie sans parler de celle des Maldives, survenue il y a un mois déjà ???

(*) On peut lire ce matin cette phase par exemple "C'est la première fois que des débris susceptibles de provenir du Boeing 777 sont signalés depuis le 4 avril, date à laquelle les autorités ont détecté ce qui pourrait être un signal émis par les boîtes noires de l'appareil", ce uqi s'avère faux avec ce qu'on vient d'apprendre ci-dessus, puisque cela va faire un mois demain que l'autre morceau a été trouvé aux Maldives !).

Source : http://www.agoravox.fr